Contexte and théorie

Contexte et théorie

La région d’étude correspond au centre de la branche ouest du rift Est-africain, qui s’étend du Nord Tanganyika à la province volcanique des Virunga (VVP). Cette région densément peuplée est affectée par une combinaison de plusieurs types d’aléas d’origine géologique.

 

Séismes

La région est caractérisée par une forte sismicité (800 séismes ressentis entre 1909 et 1954 en RDC, au Rwanda et au Burundi) ;
le séisme enregistré comme étant le plus important en Afrique de l’Est, en terme de magnitude, ont été enregistrés proches de la région d’étude). Récemment, des séismes de magnitude modérée ont touché la région du bassin du Kivu et ont causé d’importants dommages et de nombreuses victimes (par exemple, 2008 Bukavu-Cyangugu Mw 5.9). En raison de la forte croissance démographique, de plus en plus de personnes et d’infrastructures sont exposées au risque de séismes dans les trois pays.

 

Volcans

Les volcans dormants de la partie Est de la province des Virungas représentent une menace et nécessitent une étude approfondie. La région abrite aussi les deux volcans les plus actifs d’Afrique : le Nyiragongo et le Nyamulagira.
Leur activité a un sérieux impact sur l’environnement (par exemple, 927 ha de forêt tropicale primaire ont été dévastés pendant l’éruption de 2010 du Nyamulagira). Son voisin, le Nyiragongo, contient dans son cratère un lac de lave (semi-) permanent d’environ 200m de large, le plus grand sur Terre.
En Afrique, ce volcan est probablement le plus dangereux pour la population du fait qu’il menace directement les 700.000 habitants de la ville de Goma, qui est localisée à environ 15km au sud. En janvier 2002, comme en 1977, des fissures se sont ouvertes sur le flanc sud du volcan et des flots de lave rapides ont détruit environ 10% de la ville, tuant près de 150 personnes, faisant près de 100.000 sans-abris et provoquant une crise humanitaire. L’impact socio-économique est encore ressenti aujourd’hui. Goma est un centre économique stratégique pour la région des Grands Lacs et la population croît rapidement. De plus, les fortes concentrations en CO² d’origine volcanique qui sont dissoutes dans l’eau du lac Kivu pourrait conduire à une éruption limnique, c’est-à-dire la libération brutal du gaz engendrant de nombreux décès par asphyxie dans toute la région (par exemple, le lac Nyos au Cameroun en 1986). Une éruption magmatique sous-lacustre ou un séisme majeur sont considérés comme de possibles mécanismes pouvant entraîner le retournement du lac. Le dégazage volcanique passif entraîne aussi des accumulation de CO² dans les dépressions, et ce jusqu’à des concentrations létales, appelées Mazuku. Cet aléa est observé dans les régions situées le long de la côté Nord du lac Kivu, incluant Goma et le centre urbain de Sake où la population et le bétail sont sérieusement menacés.

 

Mouvements de masse

A travers tout la zone d’étude, les glissements de terrain – mouvement de masse d’une partie de la pente ou de la pente elle-même (sol ou roche) – représentent l’aléa le plus sévère à l’échelle locale. Un inventaire chronologique et spatial des événements géologiques/géomorphologiques survenus en RDC, au Rwanda et au Burundi depuis 1900 est présenté dans la base de données en ligne compilée par le MRAC. Dans la zone d’étude, les mouvements de masse peuvent être provoqués par à la fois par des événements climatiques (fortes précipitations), tout comme par une activité volcanique ou sismique. L’impact potentiel de ces glissements de terrain est accentué par des facteurs anthropiques. Dans des villes telles que Bujumbura et Uvira, par exemple, à la fois l’escarpement du rift et le lac Tanganyika limitent l’expansion urbaine, obligeant les populations à s’installer sur des pentes instables.

 

De telles catastrophes, imprévisibles et souvent soudaines, sont le résultats de la conjonction spatiale entre un aléa et des éléments vulnérables (population, biens, infrastructures, réseaux, activités) dans un espace et un temps donnés. Il est fondamental d’essayer d’évaluer la probabilité d’occurrence de telles catastrophes, autrement dit évaluer le risque.

 

  Etude approfondie des types d’aléas
(magnitude, fréquence, durée, mécanismes et intensité)
NIVEAU DE RISQUE       = X
  Analyse de la vulnérabilité
c-à-d la susceptibilité des éléments menacés à subir
des dommages si un aléa donné survient

 

Vulnérabilité

La vulnérabilité est mesurée à travers l’exposition à un événement perturbateur et la capacité d’adaptation ou résilience des systèmes vulnérables.

La plus-value de GeoRisCA est de développer une méthodologie pour évaluer la vulnérabilité aux multi-aléas d’origine géologique observés dans la zone d’étude à l’échelle régionale et locale, pour des sites urbains sélectionnés ; et ce en considérant l’évolution de la vulnérabilité à travers le temps, par exemple du fait de l’amélioration de l’éducation de la population, de l’augmentation des revenus, de la densification des réseaux sociaux et de l’évolution des mécanismes développés pour faire face à des événements catastrophiques.

 

 

Perception du risque

L’évaluation du risque est influencé par un facteur complémentaire : la perception du risque. Le comportement de la population quand elle fait face à un danger n’est pas seulement influencé par le contexte socio-économique, mais aussi par la connaissance des aléas, le rôle des institutions politiques et le rôle de la religion. En résumé, les populations qui ont une perception du risque élevée sont supposées être mieux préparées en cas de survenu d’un événement catastrophique.